Faïence Power : les 1970's à Sarreguemines

Octobre 2020 - Eté 2021 / Musée de la Faïence

Une aventure industrielle débutée en 1790 sur les bords de la Sarre

Fondée durant la Révolution française, la faïencerie de Sarreguemines s’est rapidement fait connaître bien au-delà des frontières nationales grâce notamment à la qualité et à la diversité de sa production. Vers 1900, sous

l’Annexion, la manufacture connaît son âge d’or : avec plus de 3 000 ouvriers uniquement sur le site de Sarreguemines, c’est l’une des plus importantes faïenceries d’Europe.

Victime malgré elle des troubles de la première moitié du XXe siècle en raison notamment de la position transfrontalière d’une grande partie de ses ateliers de production, l’entreprise fait face et se relève. Changement de direction, nouvelles stratégies commerciales, spécialisation et rationalisation de la production au sein des différentes usines, apparition de décors inédits… Le groupe tire avantage des Trente Glorieuses qui voient naître une société de consommation dans laquelle les arts ménagers occupent une large place.

Se moderniser pour résister à la concurrence

À l’aube des années 1970, la concurrence est vive sur le marché de la céramique et les Faïenceries de Sarreguemines, Digoin et Vitry-le-François (F.S.D.V.) doivent sans cesse innover et proposer des produits et des décors nouveaux, susceptibles de plaire à une clientèle de plus en plus exigeante. La modernisation de l’outil de production est également indispensable pour diminuer les coûts de fabrication. Les artistes de la faïencerie, réunis au sein du Centre de Recherche de Sarreguemines (C.R.S.), rivalisent de créativité ; la direction fait appel à de célèbres designers pour créer des lignes spécifiques tandis que les commerciaux déploient tous leurs efforts, en France et à l’étranger, pour faire rayonner la marque Sarreguemines et imposer les produits sur de nouveaux marchés, au détriment de leurs concurrents.

La fin de l’indépendance pour Sarreguemines

Les excellents résultats du groupe F.S.D.V. attirent les convoitises et, en février 1978, les Faïenceries de Lunéville-Badonviller-Saint-Clément, ses principaux concurrents, parviennent à en prendre le contrôle en devenant actionnaire majoritaire. Cela marque la fin de 188 années d’indépendance pour le site de Sarreguemines et le début d’une nouvelle ère pour le groupe F.S.D.V…

Une scénographique inédite

La décennie 1970 est une période charnière pour les Faïenceries de Sarreguemines, Digoin et Vitry-le-François. Au-delà des aspects historiques et de l’évocation de la stratégie industrielle de la manufacture, nous vous proposons à travers cette exposition de découvrir la production de la faïencerie sous un angle inédit, pour mieux percevoir sa diversité et sa complémentarité. En effet, un intérieur typique des années 1970 sera installé dans la salle d’exposition…

Dans le salon, un canapé permettra de s’installer confortablement, le temps de lire quelques journaux ou de regarder à la télévision des publicités de l’époque et des témoignages d’anciens faïenciers. La table sera dressée dans la cuisine, au milieu des meubles colorés en formica, avec des services réalisés par la manufacture dans l’usine de Sarreguemines ou dans sa succursale de Digoin. Dans les placards, les visiteurs pourront apprécier la richesse et la diversité des décors produits au cours de la décennie. Il reste à découvrir la salle de bain, car la manufacture proposait également à ses clients une riche gamme de sanitaires et de carreaux. Baignoire, bac de douche, colonne et lavabo, bidet… rien n’a été oublié !

Un clin d’œil spécifique sera fait à Sonia Guinet, créatrice à la faïencerie, à travers les multiples panneaux en carreaux de céramique exposés dans les différentes pièces de cet appartement éphémère. Sous-Bois, Coromandel… Tous ces motifs, élaborés par ses soins, ont connu un grand succès commercial à l’époque.

Une immersion totale, le temps d’une visite, dans l’univers coloré des années 1970’ au Musée de la Faïence.

Chemins

18 septembre 2020 - 16 mai 2021 / Moulin de la Blies

Chemins  est une exposition qui retrace deux parcours artistiques : celui d’Anne Bulliot et celui d’Olivia Lefèvre. Des parcours personnels marqués tous deux par l’utilisation d’une technique commune : l’enfumage.

" Lorsque Anne Bulliot m’a proposé de partager cette exposition, j’ai tout de suite dit oui. Nous avons cheminé ensemble et aussi dans nos solitudes. Nous avons pris des chemins à deux. Aller de soi à soi, de soi à l’autre avec nos doutes et nos interrogations. Nous avons osé l’expérience, marcher sur cette ligne de crête, perdu pied et accueilli l’inconnu. Pas après pas, des mots ont émergés, des fils furent tirés, une empreinte s’est inscrite en deux regards singuliers pour aller vers…" Olivia Lefèvre

Anne Bulliot est née à Mulhouse en 1961. Enfant, elle découvre la terre occasionnellement chez une tante animatrice socioculturelle. Elle entre en 1980 à l’Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Durant cette période d’apprentissage elle ira en stage chez Brigitte Pénicaud et Claude Varlan en 1984. Elle découvre la technique du Raku lors de l’intervention de Camille Virot . De ces expériences de cuissons elle s’orientera vers les enfumages à froid qu’elle pratiquera jusqu’en 2008. À partir de 1985, diplôme en main, elle entame des périodes de perfectionnement chez Claire Bogino et Jean Nicolas Gérard.

Elle ouvre son premier atelier à Strasbourg en 1986. L’approche de ces artistes a été déterminante dans son parcours: Anne prend la terre à pleines mains, dans un corps à corps avec la matière, pour en extraires des plis, des déchirures quelle met en dialogue avec la douceur du polissage.

En 2005 elle a participé à un projet d’exposition organisé par Haguiko au Japon. Avec le couple Godderidge elle parcourt le pays, ce voyage fut révélateur. A son retour elle remet son travail en question pour aller explorer des terrains nouveaux. Différentes périodes de travail ont suivi guidées tout d’abord par le fil de fer, le blanc, la rouille puis sont venues des pièces autour du construit présentées à la galerie XXI à Paris en 2014 pour arriver à l’exploration de la couleur dans l’installation de “Bouquet final” en 2018 au Centre de céramique contemporaine de la Borne. Actuellement et depuis de nombreuses années, elle enseigne les pratiques céramiques à l’IEAC de Guebwiller. Elle expose régulièrement depuis 1986 en France et à l’étranger.

Olivia Lefèvre  

Tirer un fil, un fil de soie, et que vienne s’y déposer la douceur. Ce cocon intérieur, le laisser être afin qu’un jour l’alchimie de ce Souffle vivant déploie ses ailes. Mes petits pieds d’enfant ont marché sur la terre d’Israël et les six premières années de ma vie ont une saveur nomade. Puis, le théâtre me fit aimer la poésie, les lectures à haute voix pour que l’air et le corps y respirent.L’argile je l’ai rencontré une nuit d’orage, la lumière du lieu où je me trouvais s’est éteinte à la suite du tonnerre. J’ai aimé cet instant, dans le noir les mains dans la glaise. J’ai aimé ce parfum.Pour approfondir cette rencontre avec l’argile j’ai vécu des temps d’apprentissages et des rencontres humaines, Camille Virot, Philippe Goddridge, Claude et Pierre Dutertre, Brigitte Marionneau et Corinne Guého. Laka artiste plasticien vivant au Togo et Henry Zandman humaniste fou vivant au Mexique m’ont ouvert à une posture intérieure et aux mots qui s’écoulent comme des fleurs sur le fleuve.

Je suis toujours malaxée par mes trois enfants et leur naissance grandissante vers leur liberté. Tant de paysages, parfois indicibles, habitent mon coeur de patience. Je crée avec le corps que je suis et c’est en pratiquant et enseignant la « Téhima » « Harmonie » en hébreu, une méditation en mouvement des 22 lettres de l’alphabet hébraïque, que le voyage de mon âme continue de se désaltérer.