Fabriqués à Sarreguemines : exportation des produits de la faïencerie

Détails

  • samedi | 19 mai 2018à dimanche | 13 janvier 2019
  • Musée de la Faïence 15/17 Rue Poincaré 57200 Sarreguemines
  • 03 87 98 93 50

La manufacture de Sarreguemines a vu le jour pendant la Révolution française. Très tôt, grâce aux recherches et aux essais menés par son directeur, Paul Utzschneider, ses produits se sont distingués par leur qualité, leur solidité et leur prix, accessible à toutes les catégories de la population.

Dès les premières années de son existence, la faïencerie vend des marchandises bien au-delà des frontières nationales. Au fil du temps et grâce notamment à l’évolution des moyens de transport et des méthodes commerciales, elle est présente sur tous les continents : on retrouve des voyageurs et des revendeurs en Russie, en Australie, en Egypte, au Mexique… Ces exportations contribuent à bâtir la renommée de la faïencerie et font connaître la Ville de Sarreguemines dans le monde entier.

Plusieurs grandes thématiques sont développées dans l’exposition, pour mieux comprendre comment la faïencerie parvenait à envoyer sa production aux quatre coins du monde. Quelles méthodes commerciales étaient utilisées pour promouvoir l’image de la manufacture ? Quelles zones géographiques étaient privilégiées pour l’ouverture de nouveaux marchés ? Comment la production s’adaptait aux goûts de cette nouvelle clientèle ?
L’Annexion, époque historique peu présente aujourd’hui dans les manuels scolaires mais si importante pour l’histoire de notre territoire sera aussi évoquée car elle a contraint la faïencerie à repenser sa stratégie commerciale. Quelles conséquences a pu avoir le rattachement à l’Empire allemand sur les ventes de la manufacture ? C’est à ces questions que nous allons tenter de répondre à travers cette exposition.

 

L’EMBALLAGE ET LE TRANSPORT DES MARCHANDISES

Le service emballage, présent dans chaque usine, est indispensable au rayonnement de la faïencerie. L’organisation de ce service stratégique est savamment pensée par la direction afin d’expédier les marchandises les plus fragiles le plus rapidement possible et dans des conditions de sécurité optimales. La satisfaction de la clientèle en dépend.
Indépendamment des mesures prises en interne par la direction de la manufacture, les moyens de transport, qui connaissent des bouleversements sans précédent dans la seconde moitié du XIXème siècle, ont un impact considérable sur l’exportation des produits. Les matières premières et les marchandises peuvent désormais parcourir des distances bien plus importantes. La canalisation de la Sarre et l’arrivée du chemin de fer permettent à la Ville – et donc à la faïencerie- de s’ouvrir au monde et contribuent à l’augmentation des ventes.

 

DES METHODES COMMERCIALES INNOVANTES

Sous le directorat de Paul Utzschneider, les ventes à l’étranger s’effectuent à l’aide de colporteurs, comme dans toutes les autres manufactures de cette époque. Dès le milieu du XIXème siècle, quelques années après l’arrivée d’Alexandre de Geiger à la tête de la faïencerie, de nouvelles méthodes commerciales voient le jour : l’entreprise emploie désormais des commis voyageurs sur les différents continents. Ils prospectent pour trouver de nouveaux clients et rendent compte à leur hiérarchie des goûts de la clientèle.
Dans plusieurs pays, des revendeurs prennent également contact avec la faïencerie pour servir d’intermédiaire entre l’usine et le client. Certains d’entre eux (le Grand Dépôt Bourgeois, célèbre maison de vente parisienne ou encore « Mitteldorfer Strauss », un marchand new-yorkais) passent des commandes spécifiques et font apposer leur marque aux côtés de celle de Sarreguemines, pour être clairement identifiés.
Les voyageurs et les revendeurs ont à leur disposition différents outils tels que des catalogues, des échantillons, etc, pour promouvoir la production de la faïencerie auprès de leur clientèle.

 

SARREGUEMINES, PRESENTE PARTOUT DANS LE MONDE

Dans quels pays la faïencerie exportait-elle sa production ? A quelle époque ? Malgré les sources très lacunaires, il est possible de se faire une idée de la quantité de marchandises exportées par rapport à la quantité produite.
La liste des pays importateurs n’est pas exhaustive : les fouilles archéologiques et l’étude des différentes sources d’archives permettent parfois de découvrir de nouveaux lieux de ventes.
Le cas des colonies est particulièrement intéressant : si la clientèle visée est autant les colons que les habitants de ces territoires éloignés, les objectifs ne sont pas les mêmes. Il s’agit en effet de permettre aux Européens récemment émigrés de bénéficier des mêmes produits que dans leur pays natal (voir d’emmener avec eux un souvenir de ce pays) d’une part tout en apportant les derniers progrès techniques aux colonisés d’autre part.
Cette partie de l’exposition analyse ainsi l’usage qu’ils peuvent faire de ces céramiques : quel est l’impact de ces nouvelles ventes sur la production locale ou sur les mœurs et coutumes des populations importatrices ?

 

L’ANNEXION OU LA PLACE DE SARREGUEMINES SUR LE MARCHE ALLEMAND

L’Annexion de l’Alsace-Moselle à l’Empire allemand a des conséquences immédiates sur le fonctionnement interne et la stratégie commerciale de la faïencerie. Elle doit désormais partager le marché allemand avec Villeroy et Boch : même si les deux sociétés sont liées depuis le milieu du XIXème siècle, des difficultés apparaissent.
L’intense correspondance entre les deux directeurs démontre bien les préoccupations quotidiennes : mutualisation du personnel, alignement des prix, lutte contre la concurrence, définition stricte des zones géographiques…
La question des taxes imposées aux faïences de Sarreguemines – désormais considérées comme marchandises étrangères pour le marché français – conduira à la création d’une succursale à Digoin, en Saône-et-Loire.